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Si la PSP fait est souvent prise pour cible pour son manque d’originalité concernant les jeux qu’elle propose, il faut reconnaitre qu’elle a néanmoins dans sa besace quelques titres forts comme Locoroco, Exit, ou encore Lumines, auxquels vient aujourd’hui s’ajouter ce surprenant et très énigmatique Patapon. Le soft nous propose ainsi de prendre la place de l’Elu, sachant que l’Elu sera celui qui aura pour lourde tâche de mener à la victoire les Patapons, un peuple de guerriers monoculaires globuleux sur pattes, qui avancent et se battent au rythme du tambour divin qui nous est offert en début de partie. Côté scénario, il s’agira ici de mener les vaillants Patapons à Earthend, un lieu sacré et magique, dont la dernière expédition n’est jamais revenue. Le voyage ne sera toutefois pas de tout repos puisque les Patapons devront lutter face aux terribles Zigotons et parcourir des lieux parfois délicats comme le désert brûlant ou encore affronter des boss à la taille démesurée. Dure dure la vie d’un Patapon de nos jours… Rythm tactical ! En effet, Patapon propose une expérience assez unique dans son genre, puisque la croix directionnelle ne servira en aucun cas à déplacer ses troupes, tout juste à faire bouger quelque peu la caméra. Ainsi, pour donner les ordres, le joueur devra taper en rythme sur le tambour divin, rythme imprimé à l’écran par un cadre clignotant qui battra la mesure sans relâche. Pata Pata Pata Pon sera donc le rythme qui permettra à ses Patapons d’avancer et sera donc reproduit sur la PSP en faisant la manipulation suivante : Carré Carré Carré Rond. Bien sûr, au fur et à mesure du jeu, on découvrira de nouvelles combinaisons mettant également à contribution les touches Croix et Triangle de la console, et l’on pourra ainsi se mettre en position de défense ou encore invoquer les éléments. Bref, tout est question de rythme dans le jeu, si bien que le fait d’exécuter correctement les combinaisons demandées permettra à notre petite troupe de passer en mode Fever, ce qui décuplera sa puissance jusqu’au moment où l’on perdra le rythme. Le but est donc de bien gérer le tempo, afin de ne pas se retrouver en position de faiblesse face à un boss par exemple, étant donné que le mode Fever apporte un gain de puissance assez important. On appréciera d’ailleurs les bulles de dialogue des Patapons qui tantôt vous acclameront, tantôt insulteront les ennemis, et ce, toujours avec une belle dose d’humour et de second degré. Bien sûr, il faudra également un minimum de stratégie pour parvenir à boucler les différents niveaux proposés sur le parchemin, puisque le soft propose différentes unités de Patapons à contrôler, et il conviendra ainsi de choisir ses troupes judicieusement avant de partir en guerre, sous peine de voir son armée d’archers se faire exterminer en quelques secondes par des Zigotons armés de sabres et de haches. On prendra donc le soin de récupérer les objets clés sur le champ de bataille (viande, bois, roches…) ainsi que les précieux Kaching (sorte de monnaie locale) qui seront indispensables pour créer de nouvelles unités. Les niveaux sont rejouables à volonté, et il conviendra donc de refaire plusieurs fois un même niveau afin d’augmenter ses ressources, et pouvoir ensuite entamer le niveau suivant avec une armée nombreuse et diversifiée. A noter que les Patapons tombés sur le champ de bataille pourront être ressuscités en fin de niveau, à condition toutefois de récupérer leurs casques, chose difficile lorsqu’un boss décide d’avaler tout cru quelques-uns de vos fidèles combattants. On citera donc différentes classes comme les archers, les lanciers, les épéistes, ou encore les cavaliers, sachant que les armes et les protections sont également upgradables. Avant chaque mission, il faudra choisir judicieusement les classes que l’on veut emmener au combat, puisque le soft nous limite à trois sections uniquement. Bref, une mixité rythme/stratégie assez déroutante de prime abord, mais qui offre toutefois une profondeur de jeu assez impressionnante. Un design mimi tout plein ! Côté design, le soft est bien loin des couleurs chatoyantes et des formes rondouillettes de Locoroco, et nous offre un univers un peu plus sombre, en conservant toutefois un univers très attachant, avec également des expressions très caricaturales sur les « visages » des guerriers, et le tout reste très agréable à l’œil. Les joutes prennent parfois un côté épique et voir des nuées de flèches s’abattre sur l’ennemi donne un côté assez jouissif à l’ensemble. Le jeu est bien entendu ultra-fluide et la bande-son n’est pas en reste, même si le chant des Patapons peut quand même finir par taper sur le système au bout de quelques heures de jeu. On ne peut pas non plus faire l’impasse sur le côté un peu répétitif quand même du gameplay, ainsi que cette obligation de devoir effectuer à de très nombreuses reprises un même niveau afin de pouvoir upgrader ses troupes, sous peine de se faire littéralement laminer au niveau supérieur. Reste toutefois une expérience de jeu assez unique et donc très originale, qui devrait faire des émules, même si beaucoup ne comprendront pas vraiment l’intérêt d’un tel jeu. A réserver à un public averti donc, et pas hermétique aux concepts atypiques.

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