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Il y avait de quoi douter à revoir la toute fraîche licence Assassin’s Creed pointer le bout de son nez, quelques mois à peine après ses débuts. De quoi être plus pessimiste encore, quand on a vu que le développement du soft avait été confié à Gameloft, habituellement créateur de jeux sur téléphones mobiles. Mais faisant fi (Jaymz ?) de nos craintes, le studio nous livre donc son soft, baptisé Assassin’s Creed : Altaïr’s Chronicles. Les développeurs nous proposent de vivre les premiers balbutiements d’Altaïr dans la Confrérie des Assassins. Oubliez le scénario mêlant histoire et futur de l’opus HD, ici, tout se passe en 1191 après J-C., et notre gaillard se voit doté par son maître d’une mission périlleuse : dérober aux croisés un Calice capable d’assouvir les volontés de son possesseur. Avant de parvenir à vos fins, une ribambelle de niveaux mêlant plate-forme et action vous attendent, prêt ? As à seins ? En passant de la HD à la petite Nintendo DS, Altaïr a logiquement perdu en pixels et en finesse. Qu’à cela ne tienne, notre homme en a profité pour aiguiser ses talents d’acrobate, et est ainsi prêt à escalader, grimper, s’agripper, sauter, sur toute surface qui lui offrirait le moindre point d’appui. Et heureusement pour lui, il aura de quoi faire ! En effet, le soft propose une aventure principalement axée sur la plate-forme et les combats. Ainsi, on verra Altaïr bondir de toit en toit, à la recherche d’une information à extorquer ou d’un individu à éliminer. Chaque niveau est l’occasion pour le joueur d’en apprendre davantage sur le passé sombre de notre Assassin préféré, et permet de constater que son aisance à visiter les hauteurs de la ville est toujours présente. Les toits, lieux de prédilection pour Altair, sont surtout le moyen le plus rapide d’avancer dans votre quête, les ruelles étant fréquentées par des gardes malfaisants qui vous pourchasseront sitôt que vous aurez montré le bout de votre dague. De même, ces derniers tenteront par tous les moyens de vous barrer la route à l’aide de pièges, on retrouve donc les classiques du genre : piques mortelles, barrages de feu, murs qui menacent de s’effondrer à vue d’œil ou qui se rapprochent pour vous écraser. Le soft s’autorise même quelques énigmes qu’il vous faudra résoudre pour avancer. Sympathique. De même, les développeurs ont affublé notre Assassin de quelques accessoires, on citera surtout le grappin dont l’utilisation se révèle assez judicieuse. Si les niveaux sont agréables à parcourir et variés (égoûts, temple du désert, forteresse etc.), on regrettera une caméra parfois à l’ouest, ou encore une certaine rigidité du personnage. Dans un jeu qui demande de la précision dans les déplacements, ça la fout mal vous êtes d’accord. Linéaire à souhait, il n’en est pas moins plaisant d’évoluer dans ces décors en 3D, assez réussis et intelligemment construits.
Du côté des combats, Gameloft a fait simple, et propose donc deux types d’attaques : les légères avec Y et les puissantes avec X, la gâchette R faisant office de défense. Intéressant en théorie, mais dans la pratique il suffira de marteler successivement X ou Y afin d’exécuter vos adversaires. Plus tard, vous débloquerez des combos assez efficaces, histoire de rendre le tout encore plus facile ! Bien vite ennuyeux, les combats auraient donc gagné à être davantage travaillés. Une contrainte de temps ayant sûrement été imposée par Ubisoft, on ne peut que le regretter. Notons également la collecte d’orbes, qui s’échangent contre des améliorations de la barre de vie ou d’épée, mais vous aurez fini le jeu avant même d’en voir les effets. Comme avec son grand frère, il est possible d’assassiner les gardes assez bêtes pour s’isoler seuls dans une ruelle sombre. Demandant une simple pression sur A, ces assassinats sont marrants au début, lassants à la longue. Puis, les développeurs se sont rappelés que la DS proposait un écran tactile, ils ont alors calé des mini-jeux, au nombre de deux très exactement. Ainsi, pour dérober une clé, il faudra la faire glisser de la poche jusqu’à la sortie, en prenant soin de ne toucher aucun objet présent. Pour interroger un ennemi, il suffira de pointer une zone sur son dos à un moment précis, puis de lui tordre le bras. On a vu mieux en termes d’amusement. On a zappé la forme Que reste-t-il pour sauver le jeu qui est maintenant en assez mauvaise posture ? On pourrait citer la réalisation du titre, toute juste correcte. Mention spéciale à certaines cinématiques 3D qui font honneur à la console, en particulier la scène finale. On pourra néanmoins pester sur une pixellisation vraiment prononcée des personnages en cours de jeu (Altaïr se résume à une bouillie de pixels et de polygones blancs et rouges). Du point de vue sonore, sachez que la cartouche propose les principaux thèmes d’Assassin’s Creed version Xbox 360/PS3, un petit quelque chose qui apporte pas mal à l’ambiance générale du titre. Au départ annoncé pour nous conter les origines d’Altaïr, on en apprend finalement bien peu sur la vie de notre homme, le scénario reste tout de même acceptable, et l’intrigue intéressante à suivre. Dernier point noir, le soft se termine en moins de 10h, bien peu pour amortir les 40€ demandés. En somme, on reprochera à Assassin’s Creed : Altaïr’s Chronicles son manque de profondeur global, sans doute du à un manque de temps. Dommage, car Gameloft avait jeté les bases d’un bon jeu de plate-forme/action.

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