Un usurpateur d’identité ?
Personne ne pensait revoir le beau prince si vite. Après avoir découvert Altaïr l’an passé, beaucoup ont pensé suivre le nouveau héros d’Ubisoft Montréal pendant quelques années, le temps d’une trilogie. Mais les plans du développeur et éditeur français semblent tout autres. Le Prince de Perse est de retour – ou disons plutôt que le nouveau Prince héritier fait ses premiers pas. Il ne s’agit donc pas d’une suite aux épisodes sortis sur la génération précédente, mais d’une toute nouvelle histoire dans un tout nouveau royaume. Le Prince n’obtient ce statut que de par sa prestance, mais n’a, à première vue, aucun lien d’appartenance princière. D’ailleurs son histoire semble assez floue au début, ainsi que l’implication de la jeune femme qui va vous accompagner. Sans être extraordinaire, le scénario de ce nouveau titre va poser les bases d’un nouvel univers, raconté de manières simpliste au goût de certains, mais possède toutefois, un parfum envoûtant aux effluves de contes des milles et une nuit.

Nous sommes sans conteste face à un de ces gros jeux, ces productions soignées et travaillées où le moindre détail a fait preuve d’une attention toute particulière. Cela se remarque dès les premiers instants où on lance le titre. A la même manière qu’Assassin’s Creed, on ressent le travail apportés à l’univers dans lequel le jeu est construit, et ce dès l’écran titre. S’ensuit une superbe cinématique accompagnée de musiques à la hauteur de l’évènement. On est conquis par l’ambiance dès cet instant nous clouant presque sur place. Impossible de lâcher la manette après ces quelques secondes de vidéo, une seule idée en tête : savoir ce qui va se passer, ce que le jeu nous réserve, mais aussi, qu’en est-il vraiment de cette difficulté tirée vers le bas pour attirer le public casual, qui a fait couler tant d’encre. Les réponses vont rapidement prendre forme.
Une peinture animée
L’aspect visuel du nouveau Prince est déroutant, loin des univers sombres des deux derniers volets. Cet épisode revient puiser une direction artistique aux sources, bien plus proche des Sables du Temps. Ubisoft a choisi d’utiliser pour cet opus une technique différente en passant d’une 3D des plus classiques, pour la dernière trilogie à un cell shading du meilleur effet. Cette méthode, rappelons-le, consiste à obtenir un rendu graphique proche d’un dessin animé et dans le cas présent, d’une peinture. L’utilisation de ce procédé habille à merveille les environnements, qui pour l’occasion retranscrivent soigneusement l’univers des contes orientaux. Un monde grand et vaste où chaque royaume a reçu une attention toute particulière, offrant ainsi une diversité fort agréable pour l’œil. Ce vaste monde aura de quoi gâter vos pupilles, pour un voyage aux pays du rêve et de l’imaginaire comme rarement cela a été le cas dans un jeu vidéo.

Très en forme, on commence avec une petite séance de gymnastique qui va nous montrer les quelques mouvements que le Prince voltigeur pourra effectuer pour franchir les passages de plate-forme. Petite mise en bouche qui ne cache pas les talents d’équilibriste du jeune homme, qui aurait pu suivre une très belle carrière de funambule acrobatique dans les plus grands cirques russes. Telle une plume, il se déplace avec légèreté et souplesse, caressant l’environnement et flottant avec élégance sur le vent. Ubisoft Montréal n’a plus à nous prouver la maîtrise des animations de son studio, qui est à présent l’une des valeurs fortes de l’éditeur. Voir le prince manier son épée nous montre une nouvelle fois leur maîtrise dans ce domaine.
L’art du combat
Beaucoup ont pu craindre des combats mous et rébarbatifs suite à l’annonce de n’avoir que des affrontements en duel. Détrompez-vous, bien que les combats soient plus fermés et en tête-à-tête, ils n’en sont pas moins dynamiques. Ils proposent, tout en restant simples et jouables, une multitude de possibilités afin d’en faire de véritables chorégraphies artistiques. Les personnages virevoltent dans tous les sens et les coups d’épée s’échangent avec une incroyable violence, rendant ces passages d’une intensité forte et marquante. La belle Elika viendra vous épauler et agrémentera ces combats à l’arme blanche d’un peu de magie. Le Prince aura recourt à sa longue épée pour attaquer de front ses adversaires ou s’en protéger. Il pourra aussi la jouer offensif au corps-à-corps en utilisant ses griffes pour agripper ses assaillants et les projeter dans les airs, ce qui donnera l’occasion d’effectuer de superbe combos. Quant au Prince, il faudra regarder son comportement afin de juger de son état de santé et de sa force à pouvoir poursuivre le combat. Si vous devez tomber lors d’un duel, votre compagne de route, Elika, viendra vous relever.

C’est ce qui nous amène à découvrir le système de sauvetage par la demoiselle Elika, qui remplace les traditionnels et ennuyeux Game Over, lorsque le héros perd. Critiqué vivement par de nombreux joueurs, criant au scandale de la « casualisation » du jeu vidéo par ce système, qui selon eux retirerait tout challenge à l’aventure. Bien au contraire la jeune princesse est là pour innover dans ce système d’échec devenu archaïque. Finis les interminables temps de chargement à revenir dans les menus, choisir de continuer une partie et la recharger pour finalement se retrouver quelques pas avant la scène fatale qui nous a fait perdre. Elika veille sur le Prince lors de son long périple sur les terres d’Aladin. Si vous venez à chuter dans vos sauts et autres pirouettes artistiques de haut vol, la jeune femme viendra vous tendre la main pour vous ramener au dernier sol stable. Ce qui ne veut pas dire que vous allez recommencer à l’endroit où vous avez perdu l’équilibre, mais bien au début de la séance de saut. Ce qui ne change donc pas des habituels Game Over, à la différence que les écrans de menus pour recharger sa partie sont effacés au profit d’un système plus rapide et qui ne coupe en aucun cas l’action du jeu.

Le jeu propose une difficulté progressive, qui s’adapte de manière intelligente aux capacités des joueurs à appréhender les premiers niveaux. Afin que chacun puisse profiter de l’aventure, les énigmes s’adaptent au joueur. Si vous avez du mal avec les premières phases de plate-forme et selon votre nombre de chutes, la progression dans les niveaux se fera différemment. Certains passages pouvant être jugés trop rudes seront remplacés par des chemins plus souples pour que le joueur puisse progresser sans rester bloqué trop longtemps. Une idée bonne, mais qui là encore a fait grincer les dents des des plus ardus d’entre nous, ayant peur de jouer à un jeu trop facile parce qu’ils ont loupé une marche. Sur la longueur, le jeu promet une durée de vie suffisamment longue pour que l’histoire se développe pleinement, certes de manière très classique, mais avec ce qu’il faut pour que le scénario ne tourne pas en rond ou s’embourbe dans une histoire compliquée. Le jeu propose une aventure unique, qui peut se faire de plusieurs manières différentes, puisque pendant votre périple au travers de cet immense univers, vous allez pouvoir visiter 25 royaumes plus ou moins grand et tous aussi riches en passages différents à emprunter.
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