 « Une nouvelle licence avec plein de zombies dedans ? » Mais il n'y a rien d'original me direz-vous. Oui certes, rien d'original sauf peut-être un point primordial : l'entraide entre les derniers survivants d'une ville infestée. Ainsi l'alchimie entre multijoueur et coopération donne une dimension unique dans le monde du jeu vidéo que nous connaissons actuellement. Il y a quelques années, Capcom tenta l'expérience avec son Resident Evil : Outbreak, mais ce coup d'épée dans l'eau força l'éditeur à renoncer à son ambitieux projet malgré un second opus un peu mieux réalisé. Turtle Rock Studios a utilisé son expérience sur Counter Strike pour donner vie à un nouveau genre de jeu : le Survival Horror coopératif. Laissons-nous bercer par cette ode à la survie, laissons-nous submerger par Left 4 Dead.  Marre des frags à répétition et d'autres sessions de jeu où l'on doit impérativement prouver à ses adversaires qui a la plus grosse. Valve voulait changer la donne et miser sur autres choses. C'est en mi-2005 que le concept Left 4 Dead émergea et que le long processus de création se mit en marche. L'optique des développeurs était de réussir le pari de réunir la structure narrative d'une aventure d'horreur digne d'une série B avec des interactions possibles uniquement en multijoueur. Le tout avec un fort potentiel de jouabilité et de rejouabilité. Autant dire que le cahier des charges était ambitieux mais est-ce que tout a été respecté ? Mieux vaut être direct, Left 4 Dead est une réussite sur tous les points évoqués plus haut. A peine la manette en main, l'immersion par la scène d'introduction remplit entièrement son rôle, nous voici prêts, arme au poing, à aller dézinguer du zombie à tout va avec les amis des quatre coins du globe. Une fois arrivé au menu du jeu, une surprise vous attend : plusieurs scénarii sont proposés aux joueurs. En effet, il n'y a pas vraiment de mode histoire ou encore de trame fortement poussée. Ici, tout est prétexte à l'entraide et à jouer de façon intelligente pour aller au point d'extraction et quitter cette ville perdue.  C'est par ailleurs la force et la faiblesse de ce nouveau FPS. La mise en avant du mode communautaire permet de vivre une aventure unique avec ses amis et coéquipiers, mais un réel mode histoire aurait été le bienvenu pour peu que vous soyez seul et sans copains sous le coude. Mais séchons nos larmes car il y a tout de même de quoi s'occuper avec ce Left 4 Dead pour peu que vous ayez des partenaires de jeu pour visiter et traverser les 4 mini-campagnes – et si cela ne vous satisfaisait pas vous avez 5 niveaux de difficulté à disposition pour augmenter considérablement le challenge. Les campagnes proposent des environnements riches et détaillés qui peuvent nous surprendre par les différents lieux que nos quatre survivants doivent parcourir. Autant nous allons errer dans des ruelles délabrées jonchées de détritus et de carcasse de véhicules dignes des stéréotypes de films de zombies, autant nous serons amenés à évoluer en rase campagne, obligé de s'abriter dans une église sordide où les fenêtres, condamnées par des morceaux de bancs, seront la seule issue. Bref toutes ces références ont été habilement juxtaposées afin de créer un patchwork de décors à la fois variés et bien choisis, accentuant l'immersion. Immersion fatalement à son comble lorsque l’on voit la ville animée par des hordes de zombies prêt à boulotter nos pauvres héros malgré eux.  Nous retrouvons en premier plan forcément le zombie. Ne se déplaçant qu'en meute, il s'apparente beaucoup plus à l'humain enragé qui se jette sur la viande fraîche (style 28 jours plus tard) qu'à un cadavre ambulant et titubant. La vélocité des assauts de la Horde (c'est ainsi que se nomment les bandes de zombies) pourront surprendre le joueur qui devra agir dans l'urgence avec ses compères. Les voies sans issue seront vos amies car vous pourrez œuvrer de front pour renvoyer à la poussière les vagues de chair qui s'écraseront sur les héros. Même si individuellement le zombie est faible, sa force réside dans l'attaque en masse et l'effet de surprise : voir ces créatures détruire une partie d'un mur de bois qui se trouvait derrière vous, ou encore tomber inopinément d’une bouche de ventilation pour atterrir juste devant vos pieds, fait toujours son petit effet. Autant dire que l'IA des protagonistes est très bien réalisée, donnant du cachet à l'action.  Mais d'autres créatures plus étranges rejoignent les rangs. Nous retrouvons en tête de cortège le Boomer : véritable Fat-Boy ambulant, il essaiera de vomir sur l'équipe de survivants pour attirer la Horde et surtout gâcher la vision du joueur. Le Smoker aura plus un rôle de sniper, en cherchant à enlever avec sa langue étirable un de vos collègues de galère. Il faudra rapidement agir pour aller sauver votre coéquipier si l'équipe ne veut pas être dissoute. Dans le principe du chasseur, le Hunter tentera d'isoler le dernier survivant courant dans la ruelle pour lui sauter dessus, le mettant à terre et tel un fauve l'éviscérer. Leurs attaques, coordonnées avec d'autres Hunter ou Smoker, s'avèrent fatale. Enfin les deux dernières plaies se trouvent être la Witch, femme en pleurs qui, si elle est dérangée par la lumière, vous traquera pour vous tailler en pièces en quelques secondes. Enfin le Tanker est une espèce de grosse brute bourrée aux hormones, qui d'un revers de main, vous envoie valdinguer à une dizaine de mètres. Le voir fondre sur le groupe de joueurs fait indéniablement monter la pression.  Finalement tous ces monstres offrent des axes de gameplay différents où la coopération et la bonne organisation de votre équipe vous mèneront à prendre les bonnes décisions. Parler, choisir et agir sont les maîtres mots qui reviennent à chaque fois que les survivants sont en face d'un problème. Surtout que la génération des ennemis est aléatoire à chaque partie, pimentant ainsi la session de jeu qui sera forcément nouvelle. Afin de s’en sortir, les armes et les kits de survie seront les seules options envisageables. Avec un petit éventail d'armes allant du sempiternel fusil à pompe à la mitrailleuse, on retrouve le fusil à lunette, pour punir de loin, ou encore la bonne vieille doublette de pistolet. Malgré un léger sentiment de frustration devant une gamme d'armes aussi restreinte, cette limitation augmente considérablement la crédibilité de l'univers. Il faudra donc utiliser à bon escient bonbonnes de gaz et autres jerricans d'essence pour bloquer la Horde quelques instants. Tout comme l'inventaire qui se déclinera avec quelques éléments comme la pipe bomb, le cocktail Molotov, les cachets ou le kit de soin, certes un peu léger pour une ville où l'on peut se servir à volonté, mais l'excitation est à son comble quand on signale à nos coéquipiers qu'il y a du matos au fond d'un garage ou d'une petite cabane.  Techniquement, le jeu utilise le moteur Source, modifié pour l'occasion afin d'avoir un rendu cinématographique, avec une forte volonté de traiter le jeu comme une série B. Le moteur offre des filtres qui accentuent les contrastes et changent de façon dynamique les couleurs afin de bien distinguer les détails que Valve voulait mettre en avant. Enfin on retrouve une sorte de grain à l'image qui insuffle à Left 4 Dead un rendu proche des films de Romero. Alors oui, la modélisation des protagonistes et les textures ne sont pas de l’acabit d'un Gears of War, et même si nous somme loin de l'Unreal Engine, l'envie des développeurs de Turtle Rock Studios était de pousser l'ambiance et de privilégier l’inventivité et l’originalité à une démonstration de technique pure. Et force est de constater que cela marche à merveille. La jouabilité est au rendez-vous : une fois la manette en main, tout est rapidement instinctif et la panique ne survient jamais en pleine action à cause d'un souci technique. De ce côté, vous pouvez être tranquille (enfin, façon de parler) même à la vue d'une trentaine d'ennemi convergeant dans votre direction.  Soulignons enfin deux excellents modes de jeu, le premier se nomme le Versus : il permet de jouer à huit comparses sur malheureusement seulement 2 des 4 campagnes. Dans ce mode, 4 joueurs auront la dure mission d'aller au prochain refuge sans se faire démembrer par les 4 autres joueurs qui contrôleront des zombies spéciaux en plus de la Horde. Le plus fun étant que les rôles s'inversent à chaque check-point afin de pouvoir prouver à l'équipe adverse que vous savez mieux gérer les imprévus. L'autre mode est un petit bonus des concepteurs : on se retrouve plongé dans une des 4 campagnes de son choix et l’objectif est de retrouver des phylactères plantés partout dans l'aventure. Ce sont en fait des anecdotes et autres infos sur le développement du soft, et que dire si ce n’est que cela constitue une vraie mine d'informations aussi passionnantes qu’amusantes. Une telle originalité et une telle qualité de mise en scène pour un making-of se doivent d’être saluées. Cliquer sur les images pour les agrandir. Vidéo du Testing LABS à venir début décembre.
Intro Left 4 Dead
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