
Le smoking est à la mode en ce moment. Non pas que les fêtes de fin d’année aient été avancées de quelques semaines, mais notre sauveur préféré du monde libre, James Bond, est de retour sur les écrans. Et par la magie de l’industrie commerciale et marketing, il fait aussi son grand retour sur nos consoles, le même jour que sa sortie en salle. Alors cette nouvelle cuvée 007 va-t-elle enfin s’approcher, voir concurrencer la référence Goldeneye, sorti il y a maintenant 11 ans sur N64 ? La réponse dans ce test.

Il n’y a pas que les studios de cinéma de la MGM à avoir mis le paquet pour la promotion de ce nouveau volet de James Bond, intitulé Quantum of Solace. Activision, qui a récupéré les droits de l’adaptation, n’a pas lésiné sur les moyens ces dernières semaines pour faire monter le buzz autour de son produit. Vidéos, photos, infos, démos… tout y est passé ou presque et le fait que cette version soit basée sur le moteur et le gameplay de COD4 n’a fait qu’aiguiser l’appétit des joueurs. Maintenant que le jeu est disponible dans tous les bons magasins, il est temps de s’en faire une impression. Commençons par le scénario du jeu. Ce dernier reprend dans les grandes lignes la trame de Quantum of Solace mais aussi, et on a envie de dire surtout, celle de Casino Royale. Sur la quinzaine de niveaux que comprend le jeu, pas loin d’une dizaine est dédiée à l’histoire du précédent volet de James Bond. Ceux qui auront vu Quantum of Solace ne seront pas dépaysés, au même titre que ceux qui ne l’ont pas vu. Mis à part les premiers et les derniers niveaux, tout sera axé sur Casino Royale.

Et ceci dans le bon comme dans le mauvais sens. Le bon sens voudra que l’on apprécie d’avoir presque deux jeux en un s'étalant deux scénarios. On prendra plaisir à rejouer les scènes mythiques comme la poursuite sur le chantier de construction de Madagascar de Casino Royale ou bien encore la fusillade finale. Mais aussi dans le mauvais sens car le moins que l’on puisse dire, c’est que les développeurs de chez Treyarch ne se sont pas foulés sur l’aspect scénaristique. S’appuyant sur l’adaptation d’une licence comme James Bond, ils partent déjà avec les pieds et poings presque liés, mais le fait est que les cinématiques et les explications entre chaque niveau sont brouillonnes et l’on se perd vite à essayer de savoir où l’on en est entre Casino Royale et Quantum of Solace. Le mécanisme du jeu est simple : un pur shoot à la 1ère personne. A ceci près que l’on peut se cacher derrière n’importe quel élément du décor. A ce moment, le jeu passe à la troisième personne, ce qui nous permet de locker et tirer sur ses ennemis en restant à l’abri des balles. Au niveau de l’arsenal mis à la disposition du joueur, l’on peut ramasser les armes et tout ce qui traîne comme pistolets et autres fusils, avec une limite de 3 armes à la fois. Et dans certains cas, vous pourrez utiliser le décor et faire sauter quelques bonbonnes de gaz et autres explosifs afin de vous débarrasser plus vite de vos assaillants qui parsèment les niveaux.

Les niveaux, parlons-en justement. En moyenne, chacun se boucle en une grosse demi-heure. A cela deux raisons : tout d’abord, le jeu est plutôt fermé. La liberté d’action n’est pas vraiment le fort de ce Quantum of Solace. Certes l’on peut jouer de façon brutale en arrosant tout ce qui bouge devant son viseur, ou bien de manière plus subtile en neutralisant chaque garde à la façon de « La Mémoire Dans La Peau » avec des actions contextuelles. Mais dans tous les cas, on se retrouve dans des décors plutôt jolis et bien réalisés, mais qui ont en commun le fait de ressembler à un couloir sans portes. L’avantage est que l’on ne se perd jamais mais le défaut est que le jeu se boucle (très) rapidement et la rejouabilité une fois le scénario initial terminé en prend un sacré coup. Comptez 6 à 7 heures pour les plus téméraires qui fonceront dans tout ce qui bouge. Montez à 10h pour les plus timides qui prendront leur temps pour ramasser tout les bonus cachés dans les niveaux.

La deuxième raison est l’IA qui est tout juste correcte. On a plus l’impression de se retrouver face à une bande de kamikazes que de véritables gardes surentraînés comme on peut les voir dans le film. Les gardes bougent bien, essayent de vous prendre à revers quand cela est possible et sont plutôt habiles de la gâchette et de la grenade. Mais le fait est qu’ils laissent sans arrêt leur tête ou tout autre membre de leur corps dépasser de ce qui peut leur servir de cachette, quand ils ne courent tout simplement par droit sur vous le couteau entre les dents. Cela ressemble donc à une grosse boucherie et l’on passe son temps à tirer sur tout ce qui bouge. Mais comme dit précédemment, vous pouvez toujours jouer de façon plus subtile en vous approchant discrètement d’un garde en en appuyant sur la bonne combinaison de touches, et ainsi le neutraliser dans le plus grand silence.

Au niveau des graphismes, le jeu est très propre mais surtout très fluide. La version 360 sur laquelle a été réalisé ce test n’a souffert d’aucun ralentissement, que les ennemis soient une dizaine à l’écran ou que les explosions se multiplient. On retrouve les décors des films et certaines actions scriptées sont directement adaptées de l’œuvre cinématographique. Les effets sont jolis, les balles percent et détruisent tout ce qu’elles touchent, mais cela reste quand même un peu vide. Le jeu est froid et l’on a du mal à vraiment se projeter à l’intérieur du scénario, ce qui est plutôt dommage pour une licence comme James Bond. Mais l’on peut quand même noter que les bruitages et les musiques sont de qualité, l’essentiel des thèmes étant repris directement du film. Gros bémol concernant les doublages qui ne sont vraiment pas à la hauteur. Les intonations sonnent faux, les dialogues manquent de profondeur et ce n’est même pas la voix originale de James Bond. Voila qui ne fait qu’amplifier ce manque d’implication du joueur dans le scénario du jeu.

Le multi quand à lui semble plutôt correct, avec pas moins de 8 modes de jeux différents, histoire de prolonger l’aventure pendant quelques heures. Les points gagnés lors de vos affrontements en ligne vous permettront de customiser et d’acheter d’autres armes et objets. Les maps sont directement tirées de l’aventure solo et donc, font que l’on a l’impression de rejouer encore dans des niveaux vides, même si l’expérience multi nous les montre sous un autre regard.