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Et pour tout vous dire, il est important de souligner que ce GRID a tout simplement évincé l’appellation TOCA, et par conséquence, toute contrainte de réalisme que celle-ci imposait. Les développeurs nous promettaient donc un soft nerveux, au gameplay accessible, mais néanmoins exigeant, et surtout, un aspect graphique de toute beauté, couplé à une gestion des dégâts toujours plus poussée. Toutefois, après une démo pas vraiment alléchante, il semblait évident que le dernier né de Codemasters n’allait une fois de plus pas tenir toutes ses promesses. Et pourtant… Un EGO démesuré ? Très largement mis en avant par son éditeur au cours de son développement, Race Driver GRID semblait véritablement en mesure de révolutionner le monde de la course automobile sur consoles, avec une réalisation que l’on annonçait grandiose, des sensations rarement atteintes, une intensité et un dynamisme de course sans égal, des dégâts à tomber à la renverse, etc… Tout le blabla habituel fourni dans les différents communiqués de presse en somme. Et force est d’admettre que les premières minutes de jeu ne sont pas vraiment à l’avantage du titre de Codemasters. En effet, et c’est un puriste de la simulation auto qui parle, les premiers tours de roues sont un peu décevants, le côté arcade prenant largement le pas sur la simulation, et malgré la totalité des aides désactivées (freinage et direction assistés, boite auto…), on enquille sans broncher les freinages tardifs, les grosses touchettes avec les adversaires, les réaccélérations violentes en sortie de courbe…pas très réaliste tout ça. Pourtant, on se laisse prendre au jeu, les courses sont d’un dynamisme assez bluffant, la réalisation technique est excellente et l’IA des adversaires est au poil, ceux-ci nous mettant une pression de tous les diables, sans omettre de commettre quelques erreurs de pilotage également. Bref, après avoir enchaîné quelques courses en mode exhibition, on se lance avec curiosité dans le mode Carrière du jeu, intitulé Monde de Grid.
Après avoir inscrit votre nom, prénom et opté pour un sobriquet ridicule qui sera utilisé par les voix off du jeu pour vous interpeler hors course et sur le circuit, vous voilà prêt pour relever les quelques défis proposés. Race Driver GRID propose tout un tas d’évènements automobiles aux quatre coins du globe, ceux-ci étant répartis en trois zones : USA, Europe et Japon. Chaque zone propose bien sûr son lot de challenges et l’on passera ainsi du Stock Car et autres Muscle Cars américain, à des courses en GT en Europe, sans oublier les fameuses courses de Drift japonaises et autres duels Pro Touge. En début de carrière, il s’agira donc de répondre présent aux offres des différents constructeurs, afin de gagner quelques deniers et points de réputation, qui permettront pour les premiers de créer sa propre écurie de course et d’acheter des véhicules, et pour les seconds, d’accéder à des courses de très haut niveau. Une fois une dizaine d’offres bouclées, vous aurez alors la possibilité de mettre sur pieds votre propre écurie, d’en définir les couleurs, le numéro de course, et d’y apposer quelques sponsors qui vous rapporteront de l’argent supplémentaire en fin de course. Il sera également possible d’engager un second pilote qui courra à vos côtés, et ainsi vous permettre d’engranger encore plus d’argent (envoyer des sioux, plein plein !) mais surtout faire gravir les échelons de la gloire à votre écurie, via de bons résultats. Le système d’arborescence des challenges fait un peu penser à celui de DIRT (les chiens ne font pas des chats comme on dit…), et l’on enchaine finalement avec beaucoup de plaisir les différentes épreuves, même si certaines (comme le Drift par exemple) ne seront pas forcément au gout de tout le monde. Roule ma poule ! Point de vue gameplay, comme annoncé quelques lignes plus haut, bien que l’arcade ait amplement pris le pas sur la simulation, ce Race Driver GRID reste très agréable à jouer, même pour un puriste de la simulation automobile. En effet, même si le puriste aime à se prendre la tête sur un GTR 2, quitte à passer une journée entière à tenter de boucler un tour de piste de manière correcte, il n’en reste pas moins un passionné du sport auto, qui apprécie les courses groupées, nerveuses, et très intenses, comme celles proposées ici. Les courses sont haletantes, les adversaires coriaces, les accidents spectaculaires (tapez dans un mur de pneus vous verrez…), les bruitages inégaux certes, mais assez correctes pour nous plonger dans l’ambiance, le challenge est bien présent et certaines courses donnent lieu à quelques phases de jeu résolument mythiques. Le puriste pleurera sans doute devant l’absence totale de réglages, de télémétrie et autres détails techniques, mais le fun est là, et bien là. Pire encore, un crash fatal pourra être évité en utilisant l’option Flashback, qui, comme dans SCAR, permettra au joueur de reprendre le volant quelques secondes seulement avant l’impact fatal. Sympa. D’un point de vue technique, le soft est quasiment impeccable, et hormis quelques défauts d’affichage à droite à gauche, on retiendra surtout cet affichage d’une netteté bluffante, des effets spéciaux parfaits, des dégâts très détaillés, et quelques effets de lumière ma foi fort jolis. A noter que Race Driver GRID ne propose pas de mode deux joueurs en écran splitté, mais seulement en Lan ou en réseau. Les modes multi sont par ailleurs assez classiques.
N’allez toutefois pas croire que tout est rose dans le merveilleux monde de Race Driver GRID. En effet, même si l’ensemble flirte avec la perfection automobile (d’un point de vue arcade), il manque toutefois quelques détails comme la météo, qui ne semble toujours pas être à l’ordre du jour du côté des développeurs. Pourtant, quoi de plus jouissif qu’une course se déroulant sous un ciel menaçant avec une pluie qui viendrait jouer les trouble fêtes ? De même, la conduite des véhicules est évidemment différente en fonction des évènements, et là encore, on regrettera quelques disciplines un peu anecdotiques, notamment celles mettant en scène des monoplaces. Bref, comme DIRT à son époque, Race Driver GRID demande quelques heures avant d’offrir la totalité de l’expérience de jeu qu’il propose. Les courses sont nerveuses et jouissives, le fait de gérer son écurie simplement est un plus indéniable et la réalisation profite du moteur Ego, qui nous offre quelques très beaux moments de course. Les amateurs de course apprécieront sans le moindre doute, les puristes feront la moue quelques heures avant de se laisser finalement happer par les excellentes sensations proposées. 

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