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Le cheveu gras, la barbe de dix jours, les yeux embués par l’alcool, le visage défait et des hallucinations plein la caboche, voilà en gros l’état dans lequel on retrouve ce bon vieil Ethan Thomas, ancien agent du SCU (Sérial Crime Unit). Alors que les choses ne font qu’empirer en ville, et que le passé semble inéluctablement refaire surface, le SCU fait, malgré lui, de nouveau appel à l’agent Thomas pour découvrir la cause du mal qui ronge peu à peu la ville. En effet, il semblerait que le tueur en série X (SKX, pour Serial Killer X) ait survécu contre toute attente à la balle logée dans son visage à la fin de Condemned premier du nom, et sème derrière lui une piste ensanglantée, comme si ce dernier voulait emmener Thomas vers quelque chose, vers les origines de tous les crimes. Pose tes dents contre le trottoir… Toujours aussi torturé, Condemned 2 nous propose donc de retrouver avec plaisir l’agent Thomas pour de nouvelles aventures délibérément, et délicieusement, glauques. Après un premier niveau un peu surprenant (et un brin décevant), on renoue rapidement avec ce qui a fait le succès du premier opus, à savoir une ambiance oppressante à souhaits, des ennemis féroces et malins, et surtout un système de combat au corps à corps toujours aussi jouissif, dans lequel on pourra user de ses poings (directs, crochets) mais également balancer un bon vieux coup de tatane dans les gencives, ce qui fait toujours du bien (à celui qui le donne évidemment). Mais la grande qualité de l’agent Thomas, c’est cette faculté un peu McGyverienne, de se fabriquer des armes avec un peu tout ce qui lui passe sous la main : tuyau, cuvette de toilettes, bâtons, masses, battes de baseball, haches, pelles (Bernie style), mais aussi bras artificiel, bois de cerfs, boules de bowling ou encore distributeurs de chewing-gum pourront être utilisés pour fracasser gaiement la tronche de vos assaillants, un brin psychopathes sur les bords. Un vrai bonheur que de pouvoir asséner un bon coup de clé à molette dans les dents d’un ennemi un peu trop arrogant. Des armes à feu sont également trouvables par moments et leur nombre a quelque peu augmenté depuis le premier opus (notamment vers la fin de l’aventure), mais sachez tout de même que l’essentiel des combats de ce Condemned 2 se feront au corps à corps. Et c’est tant mieux, puisque pour cette suite, les développeurs ont bien fait évoluer le système de combat, avec des possibilités d’actions plus nombreuses comme les attaques enchainées, qui permettent d’anéantir un ennemi en effectuant les manipulations indiquées à l’écran. De même, il est possible de parer les coups et de contre-attaquer, ce qui permettra d’asséner des coups d’une puissance rare, et permettra surtout d’augmenter votre jauge permettant de réaliser une attaque enchainée. Les exécutions sommaires sont également de la fête, ainsi, lorsqu’un ennemi tombera à genoux, libre à vous de le finir via un bon direct du droit (ou du gauche, chacun son style), ou bien de le saisir et de l’emmener vers l’une des icones Cranes disponibles dans la zone, ce qui enclenchera une petite cut-scene, souvent violente, souvent gore, mais toujours mortelle et jouissive à regarder. Si aucune icône Crane ne se trouve à proximité, un bon craquage de nuque fera l’affaire. Mais les développeurs ont également eu la bonne idée d’étoffer le côté recherche de ce second opus, et les expertises criminalistiques que vous serez amené à effectuer vous demanderont donc bien plus de précision que dans le premier opus. En effet, il ne tiendra qu’à vous de déduire les faits qui ont pu se produire, et ainsi donner des informations cruciales à votre contact radio, Rosa. A vous de déterminer par exemple, le sexe du cadavre, comment celui-ci a été tué, à quelle heure, s’il a été trainé, etc. Vos informations seront par la suite notées, ce qui influera sur votre score de fin de niveau. Les accessoires mis a disposition sont un GPS, un spectromètre, une lampe à ultraviolets et enfin l’indispensable appareil photo. Chaque mission dispose de nombreux objectifs annexes, qui vous permettront d’accéder à quelques améliorations, comme l’obtention d’un coup de poing américain, de nouvelles combos, etc. Bref, tout a été renforcé dans ce second opus, et l’impression de réaliser de véritables enquêtes médico-légales est une excellente expérience, tout comme les réactions d’Ethan, souvent très spontanées (et donc vulgaire), qu’il faudra activer en pressant la touche adéquate lorsque celle-ci apparaitra à l’écran. Bref, une aventure assez unique en son genre, mêlant FPS/Action/Recherche, pour un mix vraiment très réussi. Le jeu qui rend fou ? Enfin, pour finir sur un registre plus technique, si l’on appréciera toujours cette ambiance sombre et incroyablement violente et torturée, on aurait aimé qu’un effort supplémentaire soit apporté aux graphismes, même si l’ensemble reste tout de même très agréable à l’œil. On pestera toutefois face à quelques textures grossières, quelques détails approximatifs, quelques passages longuets et un peu trop sombres, mais dans l’ensemble, le rendu visuel du jeu est suffisamment convaincant pour plonger le joueur dans cette ambiance macabre et parfois limite insoutenable, tant la violence est montrée avec une rare réalité. Le scénario est lui aussi excellent, et les rebondissements sont nombreux, même si certains auraient sans doute préféré une fin plus excitante, à l’image de celle de Condemned : Criminal Origins. Comme dit plus haut, les armes à feu sont plus présentes ici, mais cela ne transforme pas Condemned 2 en un vulgaire FPS pour autant. Bref, inutile d’épiloguer à son sujet, Condemned 2 recèle d’excellentes idées (j’en ai peut-être cité un quart tout au plus dans ce test), et reprend les excellentes bases du premier opus pour nous offrir une expérience toujours plus glauque, mais avec un gameplay qui a su évoluer intelligemment, et surtout un background tout bonnement phénoménal, qui se savoure de la première à la dernière minute de jeu. A ce titre, on comptera une bonne dizaine d’heures pour voir le fin mot de l’aventure, ce qui reste relativement correct. On fera néanmoins l’impasse sur les modes de jeu en réseau, tout simplement inutiles et pompeux à souhait. Condemned 2 reste essentiellement un jeu solo, à jouer toutes vitres fermées, le son poussé à toc, et les fesses bien serrées.

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